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             LA DIASPORA CAMEROUNAISE QUI SONT ILS COMBIEN SONT ILS

Cinquantenaires de l'Independance et de la Reunification: Pour une mobilisation patriotique de la Diaspora camerounaise  

YAOUNDE - 06 MARS 2010
© Henri EYEBE AYISSI, MINREX |  

La conduite de la Diplomatie Camerounaise, au cours de la période récente, intègre une double préoccupation, concernant les Camerounais de l’
étranger

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CINQUANTENAIRES DE L’INDEPENDANCE ET DE LA REUNIFICATION:
POUR UNE MOBILISATION PATRIOTIQUE DE LA DIASPORA CAMEROUNAISE



La conduite de la Diplomatie Camerounaise, au cours de la période récente, intègre une double préoccupation, concernant les Camerounais de l’
étranger:

- d’une part: dans le cadre des missions permanentes de l’Etat et en vertu du lien de nationalité qui les unit, se préoccuper des décisions et
agissements qui pourraient, en violation des usages ou des traités, compromettre la sécurité, les droits et les avantages de des ressortissants
camerounais, voire mettre en cause sa propre crédibilité internationale, en laissant infliger à ceux-ci un traitement offensant et préjudiciable;

- d’autre part: dans la mesure où ses ressortissants contribuent, dans les pays d’accueil, à l’influence, au commerce et aux intérêts des pays d’origine,
mobiliser les apports multiformes de ces ressortissants, face à la raréfaction des flux d’aide publique au développement et à la sensibilité croissante
des opinions publiques nationales.

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, a clairement affiché cette volonté politique, à l’occasion de sa Rencontre
historique, à Paris, avec les Camerounais de la Diaspora, au cours de sa dernière visite officielle en France, en juillet 2009. Depuis lors, le
Gouvernement a initié des actions qui augurent des perspectives nouvelles dans la valorisation et l’implication de la Diaspora Camerounaise à la
stratégie nationale de développement. La célébration des Cinquantenaires de l’Indépendance et de la Réunification du Cameroun se déroulera, en
2010 et 2011, avec cette toile de fond. L’état des lieux concernant cette Diaspora permet de mieux cerner la pertinence et la portée attendue de ces
initiatives.



I.- ETAT DES LIEUX CONCERNANT LA DIASPORA: LES CAMEROUNAIS A L’ETRANGER, QUI ET OÙ SONT-ILS ?

A.- Effectifs de la Diaspora Camerounaise

Les effectifs des Camerounais de la Diaspora sont difficiles à cerner, faute d’un recensement exhaustif. Néanmoins, d’après les estimations faites à
partir des données fournies par nos missions diplomatiques et postes consulaires, le Cameroun compterait près de 4 millions de ses ressortissants,
disséminés de par le monde. La répartition de ces effectifs par pays est très inégale, ainsi que l’illustrent les données ci-après : Gabon: 50 000
personnes; Guinée Equatoriale: 16 000; Nigeria: plus de 2.000.000; Côte d’Ivoire: 6000; Soudan: 5000; Suisse: 4200; France: environ 40 000; Allemagne:
plus de 7 000; Pays Bas : plus de 5 000; Belgique: 12000; Etats-Unis: plus de 700 000 (dont 250 000 se sont naturalisés Américains); Maroc: 500.

Ces statistiques sont, bien évidemment, largement en-deçà de la réalité. Or, pour que l’Etat camerounais puisse se sentir qualifié pour suivre et
répondre de la situation d’une personne, dans ses activités et ses déplacements, indépendamment de sa localisation spatiale, il est nécessaire que
celle-ci lui soit rattachée par un lien de nationalité. Au plan international, la fonction de ce lien est double : ce dernier étend, au moins partiellement, l’
ordre juridique national existant à des personnes qui ont un lien permanent de dépendance avec le pays d’une part; il permet à l’Etat d’assister ces
personnes face aux difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans leurs rapports avec leur Etat de résidence, d’autre part.

Ce lien de nationalité n’est pas établi a priori. Il découle plutôt des résultats d’un recensement permettant à l’Etat de faire le tri entre ses propres
ressortissants et ceux d’autres pays. Cette opération apparaît ainsi comme un préalable nécessaire pour une identification exacte des concernés,
seule manière crédible de mettre en évidence le lien légal, à savoir la nationalité, qui les rattache à l’Etat camerounais. La réussite d’une telle
opération sollicite, par conséquent, une collaboration active des principaux concernés. L’Etat ne peut, en effet, leur apporter efficacement son
assistance et sa protection diplomatiques dans les pays de résidence que s’ils sont identifiés comme étant des citoyens camerounais au niveau de nos
missions diplomatiques et postes consulaires.


B.– Structure actuelle de la Diaspora Camerounaise

La structure de la Diaspora Camerounaise varie selon les pays d’émigration. Certains pays du continent ont, au lendemain des indépendances, signé
des accords spécifiques avec d’anciennes puissances tutélaires pour la mise à disposition d’une main-d’œuvre abondante, dédiée à des travaux
subalternes. Tel n’est pas le cas du Cameroun, dont la Diaspora est largement issue de flux migratoires volontaires. Il s’agit, pour la plupart, d’
étudiants, de travailleurs qualifiés en quête de meilleure fortune à l’étranger ou de diplômés à la recherche d’emplois, auxquels se sont ajoutés,
depuis le début des années 1990, de nombreuses personnes des deux sexes, aux motivations diverses et répondant à l’appel du large. Celles-ci se
retrouvent parfois, au quotidien, impliquées dans des activités illicites, qui déteignent négativement sur l’image du Cameroun à l’étranger. Les pays
avec lesquels le Cameroun partage une frontière commune sont, par nature, des zones de migrations structurelles.

Il demeure que, d’une manière générale, dans les pays d’accueil, les Camerounais en situation régulière sont plutôt bien intégrés. En témoignent les
nombreux mariages mixtes enregistrés, suivis de naturalisations. Dans certains pays, on retrouve même des Camerounais exerçant dans les
administrations locales. C’est le cas notamment en France où le Cameroun peut se flatter d’avoir un de ses fils Préfet de Région.

Selon les estimations du Consulat Général du Cameroun à Paris, la Communauté Camerounaise, actuellement la plus importante des pays subsahariens
dans l’Hexagone, se répartit, de façon très inégale, entre les étudiants (5000), les travailleurs immigrés (8000), les opérateurs économiques (1500), les
avocats (80), les artistes (500) et les sportifs (200).

Dans la Sous-Région Afrique Centrale, les Camerounais sont présents dans le marché de la distribution des vivres frais, ainsi que dans le secteur
informel. Ils sont également présents dans le secteur productif, où ils ont pu créer des PME et PMI, génératrices d’emplois et de richesses dans les
pays d’accueil. En Occident et en Asie, ils excellent dans l’activité économique (vente de voitures de seconde main, import / export, petit commerce,
services etc.).



II.– PROBLEMES MAJEURS SIGNALES PAR LES CAMEROUNAIS DE LA DIASPORA: COMMENT VIVENT- ILS OU S’INTEGRENT-ILS DANS LEURS PAYS D’
ACCUEIL ?

Il convient de distinguer les rapports avec le pays de résidence et avec le Cameroun.

A- Dans les rapports avec le pays de résidence

Sans préjudice de l’équation personnelle de nos compatriotes, les Camerounais de la Diaspora sont confrontés à des problèmes communs ou
spécifiques aux immigrants:

- intégration dans leurs pays d’adoption, en fonction des législations nationales;

- discrimination relevant soit des excès de souveraineté des autorités des pays d’accueil, soit d’actes de racisme ou de xénophobie;

- maltraitance rattachable soit au tempérament collectif dans le pays d’accueil, soit à une image négative et déformée du Cameroun.


B- Dans les rapports avec le Cameroun, pays d’appartenance ou d’origine

Les préoccupations majeures identifiées peuvent être récapitulées ainsi qu’il suit:

- non-participation à la vie politique nationale, notamment aux différents scrutins de portée nationale, contrairement aux ressortissants d’autres pays
africains en situation similaire;

- non-implication de la Diaspora, par des mécanismes appropriés, à l’effort national de développement, malgré l’expertise et le capital financier ou
relationnel de la Diaspora;

- comportements rattachables à la mauvaise gouvernance ou à la corruption au niveau de certaines missions diplomatiques et postes consulaires ;

- aspiration à la double nationalité ou à la pluri-nationalité, pour répondre aux attentes des Camerounais qui, dans un ou plusieurs Etats, ont acquis une
autre nationalité originaire.


III - CADRE INSTITUTIONNEL DE GESTION DE LA DIASPORA : QU’EN EST-IL DE L’ENCADREMENT ET DU SUIVI

DES CAMEROUNAIS A L’ETRANGER ?

Dans la mesure où ils sont installés dans d’autres pays, ceux-ci sont soumis à la compétence territoriale de ces Etats. Les pouvoirs de ces Etats de
résidence ne sont pas, pour autant, discrétionnaires ; ils sont limités par le droit international.

D’une manière générale, il existe de nombreux instruments juridiques universels ou régionaux relatifs à la protection des droits de la personne
humaine et concernant les étrangers. Dans la pratique, c’est principalement par la voie diplomatique que le Cameroun assure la défense des droits et
intérêts de ses ressortissants, leur prête assistance et secours ; le cas échéant aussi, au plan juridique, par la mise en œuvre de la protection
diplomatique, qui est un procédé de mise en cause de la responsabilité internationale de l’Etat d’accueil.


A.– Au niveau des pays d’émigration: un encadrement différencié

La gestion des Camerounais de la Diaspora relève, dans les pays d’accueil, de nos missions diplomatiques et postes consulaires. En élargissant la
juridiction de nos missions diplomatiques par l’application du principe de la représentation multiple (c’est-à-dire un Ambassadeur couvrant plusieurs
pays), la nouvelle carte diplomatique du Cameroun, mise à jour au cours de l’année 2009 et comportant 35 Missions Diplomatiques et 05 Postes
Consulaires, offre les possibilités d’un encadrement et d’un suivi améliorés des camerounais de la Diaspora. Sont offerts à ces derniers, en fonction
des besoins et capacités réelles, divers services et formes d’assistance : délivrance de documents officiels ; information juridique ; facilitation et
intermédiation sociale ; accompagnement judiciaire ; etc…

En vue de l’institutionnalisation d’un dialogue structuré avec la Diaspora Camerounaise, nos Chefs de Missions Diplomatiques encouragent la création
d’associations des ressortissants de notre pays et la mise en œuvre d’initiatives communautaires diverses.

Une mention particulière mérite d’être faite, en guise d’interpellation, de certaines catégories d’associations, à l’instar du Conseil des Camerounais de
la Diaspora ou du Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora, de son acronyme « C.O.D.E. ». Leur fonds
de commerce est, sous le couvert de la liberté d’opinion et d’expression des idées, la désinformation de l’opinion internationale concernant leur
propre pays, en particulier le fonctionnement de ses institutions politiques. A cette dernière catégorie d’associations des Camerounais, assimilables à
des « associations de malfaiteurs », agissant ainsi, de façon systématique ou sporadique, contre l’image et les intérêts du pays dont ils se réclament et
qu’ils prétendent servir, le Gouvernement de la République ne peut que réserver, de façon sereine et responsable, le traitement diplomatique qu’ils
méritent. Au demeurant, sur le plan du droit et au niveau des pays d’accueil concernés, les déclarations et publications respectives de ces
compatriotes, concernant le Président de la République Paul BIYA, constituent, assurément, des « injures à un Chef d’Etat étranger », au sens de la loi
pénale.


B– Au niveau du Cameroun: un dispositif à composantes multiples

Le Gouvernement de la République a créé des structures officielles chargées de la gestion des Camerounais de la Diaspora, qui collaborent avec
différentes institutions intervenant dans ce domaine. Parmi ces structures, figure en bonne place le Ministère des Relations Extérieures (MINREX),
avec la Division des Camerounais à l’Etranger, créée dans son organigramme depuis le 30 juillet 2005.


Le MINREX est, en effet, l’intermédiaire privilégié ou, mieux encore, le centre privilégié de convergence et d’échanges d’informations entre les
instances gouvernementales et la Diaspora, voire avec tous autres acteurs. Il assume cette responsabilité sans préjudice des compétences
spécifiques des autres départements ministériels. Dans la pratique, en effet, tous les départements ministériels ont des projets ou programmes qui
intéressent, peu ou prou, la Diaspora. C’est le cas, notamment, du Ministère de l’Enseignement Supérieur, qui alloue tous les ans des Aides et des
Compléments de Bourse aux étudiants camerounais de la Diaspora. De même, le Ministère de la Jeunesse conduit des actions en faveur des jeunes de
la Diaspora, à travers le Programme d’Aide au Retour et à l’Insertion des Jeunes de la Diaspora (PARI-JEDI). D’autres institutions publiques
interviennent aussi, comme le Fonds National de l’Emploi (FNE), à travers son Programme d’Appui au Retour des Immigrés Camerounais (PARIC). A côté
de ces acteurs institutionnels, se développe l’action de diverses ONG et Associations spécialisées.



IV.– ACTIONS ENTREPRISES PAR LE GOUVERNEMENT EN DIRECTION DE LA DIASPORA: QU’EST-IL FAIT A L’ENDROIT DES CAMEROUNAIS DE L’ETRANGER ?

Deux grands axes méritent d’être signalés : la recherche d’une approche nouvelle et la mise en place des fondations d’une politique nationale de
gestion de la Diaspora.

A.– Promotion engagée d’une synergie positive des actions gouvernementales

Cette démarche procède d’une double conviction : la première est que la Diaspora Camerounaise dispose d’atouts incontestables et divers, pouvant
être capitalisés au service du développement politique, économique, social et culturel du pays; la seconde est que des réseaux internationaux et
spécialisés existent, qui peuvent être utilement activés pour appuyer l’économie nationale et concourir à développer une image positive du Cameroun
à l’extérieur.


B.– Lancement effectif du processus d’élaboration d’une politique nationale de gestion intégrée de la Diaspora.

Depuis la création de la Division des Camerounais à l’Etranger au MINREX en 2005, il a été ouvert un chantier d’élaboration d’une politique nationale de
gestion intégrée des relations avec la Diaspora. Cette dynamique d’échanges d’idées a pris la forme de réflexions organisées à plusieurs niveaux.

1/ Un Colloque International sur le thème « Diaspora et Développement dans les Relations Euro-Africaines » a, ainsi, été organisé, du 13 au 15
décembre 2006 à Yaoundé, par le Ministère des Relations Extérieures, avec la participation des représentants de la Diaspora Camerounaise venus d’
Afrique, d’Amérique et d’Europe. Il a été particulièrement recommandé de susciter davantage l’intérêt de cette communauté pour le développement du
Cameroun, à travers l’instauration d’un dialogue permanent entre celle-ci et les autorités nationales.



2/ Un groupe de travail ad hoc a été créé au sein du MINREX, en 2008, ayant pour mission de réaliser une ébauche de politique nationale de
mobilisation, de protection et de valorisation de la Diaspora, dans la perspective d’une concertation interministérielle. Le MINREX a également acquis,
en 2008, un logiciel de gestion informatisée de notre Diaspora et lancé l’élaboration d’un « Annuaire des Associations des Camerounais de l’étranger ».

3/ Lors du Conseil de Cabinet du 31 juillet 2008, à la suite de la communication du MINREX centrée sur le thème : « La contribution des camerounais de l’
étranger au développement national », des Directives spécifiques ont été données par Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

4/ Last but not the least, au mois de mai 2009, le Cameroun a signé avec la France, un important accord de coopération en matière de gestion concertée
des flux migratoires et de développement solidaire. Cet accord constitue une avancée considérable en ce qui concerne l’aménagement de meilleures
conditions d’existence à notre Diaspora.



V.- DES PERSPECTIVES NOUVELLES CONCERNANT LA DIASPORA CAMEROUNAISE: QUELS SONT LES CHANTIERS ENGAGES DEPUIS LA DECLARATION
PRESIDENTIELLE DE PARIS 2009 ?

L’évènement de référence concernant la Diaspora Camerounaise et sa relation à la Nation est, sans conteste, la déclaration faite par le Chef de l’Etat
lui-même, le 29 juillet 2009, à Paris en France.

A.– La Déclaration Présidentielle de Paris du 29 juillet 2009

Dans le cadre de sa Rencontre historique à Paris avec les Camerounais de la Diaspora, à l’occasion de sa Visite Officielle en France, le Président de la
République a exprimé le vœu de voir ces derniers mettre le savoir et le savoir-faire qu’ils ont acquis à l’étranger au service du développement du
Cameroun. Il a rassuré ces compatriotes quant à la volonté de l’Etat de leur garantir, à travers des négociations bilatérales avec les pays d’accueil, de
meilleures conditions de séjour. Par ailleurs, au sujet de deux de leurs préoccupations majeures, il a déclaré ce qui suit : « J’ai pris bonne note de vos
doléances et de vos souhaits concernant notamment votre participation au prochain vote électoral et aussi le problème de la double nationalité. Ils ont
retenu mon attention et feront l’objet d’un examen objectif et rapide, en vue d’y apporter des réponses adéquates ».

Ce faisant, le Président de la République a engagé le Gouvernement à lui soumettre, dans les meilleurs délais possibles, des éléments pertinents d’
appréciation et de décision pour lui permettre de statuer quant à la réponse appropriée à réserver à chacune de ces deux préoccupations. Les
décisions demeurent à prendre dans ce domaine.


B.- Les Chantiers gouvernementaux découlant des attentes exprimées par la Diaspora

Certains de ces chantiers sont spécifiques, d’autres permanents, tandis que d’autres se rattachent à l’actualité politique des années 2010 et 2011.

1/ Les chantiers spécifiques consécutifs à la Déclaration de Paris de juillet 2009:

l’exercice du droit de vote et la double nationalité

a) Au sujet de l’exercice de leur droit de vote par les Camerounais de la Diaspora : cette question renvoie essentiellement à l’organisation matérielle
de leur participation aux différents scrutins. En effet, le droit de vote est reconnu à l’ensemble des citoyens Camerounais âgés d’au moins 20 ans, ainsi
que le précise l’alinéa 3 de l’article 2 de la Constitution du 18 janvier 1996. Le problème de la participation de nos compatriotes de la Diaspora à la vie
politique nationale se résume, en somme, simplement, à la mise en place des modalités pratiques permettant l’exercice effectif d’un droit qui leur est
déjà reconnu.

Cette compétence est présentement dévolue à la structure nationale compétente, à savoir « Elections Cameroon », définie, selon la loi n° 2008/372 du
11 novembre 2008, comme l’organisme indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision de l’ensemble du processus électoral
et référendaire au Cameroun.


b) Concernant la double nationalité: le constat liminaire qui s’impose est qu’elle est une réalité patente, bien que mal assumée. Elle est, au demeurant,
de facto reconnue par le droit camerounais de la nationalité dans deux cas spécifiques, qui sont les sportifs de haut niveau et les Camerounais(es) qui
acquièrent par le mariage, la nationalité de leur conjoint. Dans la perspective d’un règlement général et impersonnel de cette importante question, une
modification du code de la nationalité s’impose. Un avant-projet de loi correspondant, élaboré par le Ministère de la Justice, fait l’objet des
concertations gouvernementales.


2/ Les chantiers permanents, éléments constitutifs de la trame d’une politique nationale de gestion intégrée de la Diaspora

L’on peut en retenir trois:

- Premièrement: le recensement et la structuration de l’encadrement de la Diaspora : le rôle du MINREX est d’assurer la facilitation pour trouver les
voies et moyens de recenser les différentes associations des Camerounais de l’étranger, afin de mieux les encadrer, en leur accordant une assistance
multiforme et appropriée.

- Deuxièmement: la recherche de la mobilisation optimale du potentiel humain et global que représentent les Camerounais de l’étranger : mise en place
de projets intégrés ; mécanismes d’incitation à l’investissement, au retour et à la réinsertion ; dynamique partenariale impliquant le Gouvernement, le
Secteur Privé et la Diaspora.

- Troisièmement: la capitalisation des réalisations de la Diaspora au profit de l’image du Cameroun : une mention particulière revient à ceux de nos
compatriotes qui se distinguent par leur ingéniosité ou talents divers ou particuliers, qui ont su mériter d’accéder à des hautes fonctions ou à des
postes de responsabilités dans les Organisations Internationales. Avec les Artistes et Sportifs de haut niveau, ils constituent, en effet, de véritables «
ambassadeurs de fait » du Cameroun à l’étranger, au même titre que nos valeureux « Lions Indomptables » dans toutes les disciplines sportives.

3/ Le chantier de la célébration des Cinquantenaires de l’Indépendance et de la Réunification : une opportunité à saisir

Le Président de la République a créé, par décret n° 2010/038 du 04 février 2010, un « Comité National d’Organisation des Cinquantenaires de l’
Indépendance et de la Réunification du Cameroun », présidé par le Directeur du Cabinet Civil de la Présidence de la République. Au sein de ce Comité,
le MINREX anime les activités de la « Commission des Camerounais de l’Etranger », chargée des relations avec ces derniers, du suivi des célébrations
à l’étranger des Cinquantenaires et de la liaison avec les Missions Diplomatiques et Postes Consulaires à l’étranger.

a/ L’enjeu majeur pour la Diaspora Camerounaise est de parvenir à une appropriation de cette célébration, pour la décliner en temps forts de l’union
sacrée autour de notre Patrie, le Cameroun, « Berceau de nos ancêtres » à tous, tant pour ceux qui vivent à l’intérieur que pour ceux qui évoluent à l’
étranger. Peuvent être envisagées dans cette optique :

- d’une part: des initiatives propres, individuelles ou collectives en groupes organisés ou clubs, d’activités de rassemblements thématiques, de
contributions intellectuelles ou artistiques visant la promotion de la connaissance approfondie ou d’une image positive du Cameroun ;

- d’autre part: la participation organisée et assidue des uns et des autres aux initiatives et actions engagées par les Chefs des Missions Diplomatiques
ou des Postes Consulaires du Cameroun à l’étranger, leur servant de pôles de rattachement.

b/ Dans le cadre du brainstorming qui nous interpelle tous, à travers la dynamique de la célébration des Cinquantenaires de l’Indépendance et de la
Réunification du Cameroun, trois exigences fondamentales nous semblent s’imposer à chaque Camerounais de l’étranger :

- en premier lieu: saisir l’opportunité offerte pour consolider le lien de rattachement à l’Etat et son appartenance à la Grande Famille des membres de
la Communauté nationale ;

- en deuxième lieu: assumer son identité nationale et les obligations citoyennes qui s’y rattachent, au même titre que le font les nationaux de son pays
d’accueil ;

- en troisième lieu: se projeter dans une communauté de destin avec ses compatriotes, avec une conscience aigüe des responsabilités des Aînés
envers les Cadets, par référence à l’esprit de famille.


EN GUISE DE CONCLUSION

les générations des Aînés, auxquelles nous appartenons tous, Camerounais de l’étranger comme de l’intérieur, se doivent, en permanence et par-
dessus tout, de faire montre d’autodiscipline, et de conjurer, dans leurs esprits, les démons des années 1990-1992 ; période au cours de laquelle d’
authentiques Camerounais ont choisi d’effectuer de véritables expéditions à l’étranger, pour solliciter les appuis des Gouvernements étrangers à l’
effet de desservir leur propre pays et d’organiser la strangulation économique et financière de ce dernier.

En tout état de cause, les exigences de la culture de la citoyenneté responsable, éveillées et développées en nous, à travers les programmes
scolaires d’Instruction et d’Education Civique, autant que la Sagesse Africaine elle-même, nous interpellent et nous engagent tous, aujourd’hui, à nous
abstenir de nous constituer en « agents de l’étranger », en citoyens irresponsables, en « prophètes de malheur », encore moins en « kamikazes
politiques bénéficiant, à l’étranger, de polices d’assurance tous risques », pour poser, de sang froid, des actes contraires aux intérêts de notre Patrie
commune, ou accepter d’en devenir les complices actifs ou passifs.

Le Cameroun, ce beau pays qui nous appartient à tous, a davantage besoin, il convient de le rappeler, non de la myopie, de l’amnésie ou de la félonie
de certains de ses fils et filles, mais plutôt de la mobilisation optimale et de la contribution multiforme de tous ses « enfants, du nord au sud, de l’est à l’
ouest », pour le développement national, potentiellement générateur de progrès social au profit de tous et de chacun. Par référence à notre célèbre
chant de ralliement, notre Hymne National, « servir » le Cameroun, avec « amour » et de bon cœur, doit être notre « seul but » et notre « devoir »
patriotique à tous./-


Henri EYEBE AYISSI
Ministre des Relations Extérieures  
     POSTE TON INFORMATION
Cameroun Radio & TV studios  à Paris et lisbonne
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